Collectivité féline et risque sanitaire

Collectivité féline et risque sanitaire

CeCohabitationt article n’est pas destiné aux associations de protection animale (qui ont d’autres enjeux et dont l’activité est théoriquement encadrée), mais aux simples particuliers, comme vous et moi. Spécifiquement aux particuliers qui accueillent et détiennent plusieurs chats vivant en collectivité. Qu’il s’agisse d’adoptants, de familles d’accueil, de protecteurs indépendants ou d’individus lambda, touchés par la détresse de félins abandonnés à leur triste sort et qui décident de leur ouvrir la porte du foyer familial.

Définissons d’abord le cadre, si le vous voulez bien.
Dès lors que plusieurs chats se partagent les mêmes lieux de vie et sont regroupés au sein d’un même foyer, on est en présence d’une « collectivité ». La collectivité peut être miniature (jusqu’à 4 chats), de taille plus importante (moins de 10) ou conséquente (10 et au-delà).

IL faut garder à l’esprit que, quelle que soit sa taille, la vie en collectivité, en « vase clos » dans les habitations, mais également la vie en communauté pour les chats vivant principalement en extérieur (regroupements au moment des repas, partage des mêmes Collectivité et partage des ressources lieux de repos, couchages et litières), génère un risque sanitaire et épidémique, non négligeable. Or, croyant bien faire, persuadés de sauver ces vies qui n’ont pas été épargnées pour la plupart, nous ne mesurons pas correctement la portée de ce risque. D’où les drames qui s’en suivent.

La surpopulation féline entretient des pathologies épidémiques virulentes et résistantes. Typhus et coryza (calicivirus, herpès virus, panleucopénie). Atteintes du système immunitaire (Fiv et Felv). Coronavirus mutants de la Pif. Teigne, gales et parasitismes divers.
Rien que des phénomènes auto entretenus par la collectivité et renforcés par les entrées et sorties de nouveaux chats, dont le système immunitaire doit s’adapter sans cesse à des souches différentes de nouveaux agents pathogènes.

Quelles sont les mesures et protections de base à prendre pour limiter les risques et protéger sa collectivité ?

  • L’élément fondamental est de limiter au maximum la taille de la collectivité.
  • Faire des quarantaines strictes et prolongées pour les nouveaux entrants.
  • Suivi vétérinaire régulier (1 à 2 fois par an) et surveillance renforcée les premières semaines
  • Tests Fiv / Felv
  • Vaccinations de base typhus/coryza et leucose ( en cas d’accès Gamelle communeà l’extérieur)
  • Vermifuges réguliers au minimum 4 fois par an et traitements anti-parasitaires
  • Hygiène irréprochable des litières, en nombre suffisant (1 caisse par chat +1)
  • Produits de désinfection efficaces et adaptés (eau de javel, virkon, sanytol, etc.) , en respectant les taux de dilution indiqués sur les fiches de données de sécurité – Nettoyage vapeur des lieux de vie à privilégier
  • Espacer au maximum les entrées de nouveaux individus (attendre plusieurs mois, années)
  • Vigilance accrue avec les entrées de chatons qui n’ont pas encore de défenses immunitaires suffisantes. A éviter dans toute la mesure du possible

Au-delà des mesures sanitaires et précautions essentielles, il faut se poser 2 questions fondamentales :

Ai-je suffisamment de ressources financières pour assurer le bien-être de ma collectivité ?
il faut notamment être certains de pouvoir financer les soins de base mais également les frais vétérinaires inattendus suite à une ou plusieurs maladies graves, à une ou plusieurs hospitalisations suite à une épidémie. A titre d’exemple, les spores de la teigne sont très volatiles et peuvent très vite toucher tous les individus d’une collectivité, avec un coût relativement important pour traiter les chats et éradiquer le champignon de l’environnement.

Ai-je suffisamment de temps à consacrer aux chats mais aussi au nettoyage et à la désinfection des lieux de vie ?
Rien que le temps à consacrer quotidiennement aux litières est exponentiel au nombre de chats d’une collectivité. De même, la vigilance sur les changements de comportement annonciateurs de problèmes de santé décroît en fonction du nombre d’individus de la collectivité. Qui a déjà concrètement estimé le temps nécessaire pour assurer le bien-être minimum à chacun de ses chats ?

S’il vous plaît, ne sous-estimez pas le risque auquel vous exposez votre collectivité de poilus quand vous décidez de l’agrandir. Trop deATable drames qui auraient pu être évités si les questions avaient été posées au préalable, avant d’offrir l’hospitalité à un « sans-abri ». Oui, il y a de nombreux chats victimes d’abandons qui meurent à petit feu dehors. Mais seule solution envisageable pour vous est-elle de les recueillir coûte que coûte au détriment des chats sains de votre foyer ? la question mérite en tout cas d’être posée.

Merci de votre attention.

C. Boubnoff

 

 

alim

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